Royale Etoile Sportive Aubange - Saison 2010 - 2011

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Historique de la R.E.S.Aubange

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Avant 1960 De 1960 à 1980 Après 1980

Historique d'avant 1960


La localité d'Aubange

Au point de vue historique, Aubange est une petite localité située au sud de la province du Luxembourg, à proximité immédiate de la France.   En 1255, on trouve ce village sous le nom de Obengis; En 1683, cela devient Obanges, Ubingen qui porte le nom roman de Aubange comme traduction libre, a relevé successivement de la châtellenie de Longwy, du bailliage de Saint-Michel, de celui d'Etain et de l'Office de Villers-la-Montagne.

L’Etoile Sportive Frontière

Avant que ne soit créée officiellement l'Etoile Sportive, il existait déjà à Aubange une équipe de football.  Ce club, qui groupait principalement les jeunes du village, avait reçu la dénomination d’« Etoile Sportive Frontière ».  A cette époque on se contentait de jouer des parties amicales avec les villages voisins et les Albert Rassel, Margue, Niclou, F. Collin, Fraselle, Godenne, Muller A. et Cie, passèrent de bien agréables moments.

Au café Muller - Frontière

On dit que la vie est un éternel recommencement et ce qui est était vrai au début du siècle l'est encore aujourd'hui.   A cette époque, les sportifs se donnaient généralement rendez-vous au café.
A Aubange, les acharnés et les plus actifs se rencontraient au café Muller, situé à la Frontière.  Ce fut là que ces audacieux décidèrent la création d'un club officiel.

« Il faut y aller rondement », dit l’un d’eux
« Je me mets immédiatement au boulot », rétorqua un autre.  Celui-là se nommait Georges Lespagnard.

L'on passa aussitôt au recrutement des adeptes, essayant, en outre, d'obtenir des fonds pour démarrer.

Cela se passait en 1928.  Le club était né, il avait aussi un comité et son premier président s’appelait Muller, propriétaire du café. A cette époque déjà, Georges Lespagnard assurait la trésorerie. Pour plus d’exactitude, le club vit le jour le 01 septembre 1928.

On trouva aussi un terrain non loin du bois et c’est là, peu nombreux peut-être mais bien décidés, que les jeunes vinrent s’entraîner avec l’idée de mener un jour l’équipe en provinciale.

On démarre sérieusement

Après quelques rencontres amicales contre Musson, Mussy, Athus, etc… et devant les résultats obtenus, les responsables décidèrent de s’affilier à l’U.R.B.S.F.A. Le matricule 1433 fut accordé aux Aubangeois, cela se passait au début de 1929, plus exactement en mai 1929.

Par la suite, M. l’abbé du village, voulut créer un autre club de football appelé le Saint-Félix. Mais il ne fut jamais officiel, car un règlement de l’Union Belge stipulait qu’il ne pouvait exister deux clubs de football dans une commune de moins de 5.000 habitants.

L’inactivité du Saint-Félix devait permettre à plusieurs jeunes gens de venir grossir les rangs de l’E.S.

Dans l’équipe qui pris part au championnat de 1929-1930, on devait trouver, en plus de Georges Lespagnard, Silori Benjamin, Léon Picart, Frésing René et Roger, Wonner Dominique, Baille René, Jacquet René, Davreux Henri et Camille, Goedert Félix, Bergch Emile, Hotton Camille, Peschon Henri et bien d’autres qui luttèrent avec fougue et décrochèrent la timbale des débutants.

Par la suite, on accueillit parmi les nouvelles recrues : Hardy Maurice, Margue Josy, Muller Adelin, Burton Julien, Wonner Théo et Marcel, Lambot, Bonmarin, Reding Arthur.  Il y eut, mais bien plus tard, des gars qui défrayèrent souvent et toujours favorablement la chronique. Nous citons parmi eux : Gérino Silori, Eppe René, Zeller, Reyter Georges et André, Van Brabant, Nornert, Thommes Eugène, Colas Jean, Schmit Roger, Noël Désiré, Fournel, Valentin Paul, Hourt Marcel, etc…

L’E.S. déménagea de terrain quelques temps plus tard pour jouer sur un terrain à proximité de la bretelle d’autoroute actuelle.

On force les portes de la provinciale

Après avoir évolué en régionale durant quelques saisons qui virent monter successivement en provinciale l’ancien club arlonais, le F.C. Saint-Donat, Ethe-Belmont, le Saint-Louis d’Athus et enfin l’Etoile Sportive trouva elle aussi la consécration.
L’équipe qui a accompli cette performance se composait de : Silori B., Ad. Muller, Lambot, Friob, M. Hardy, Wonner Théo, Wonner Marcel, Wonner Dominique, Margue Josy, Reding et Bonmarin.

Un wagon de chemin de fer pour 923,75 francs

C’est bien de courir de victoires en victoires et de remporter un titre très envié, mais cela cause aussi certains soucis.

Le règlement fédéral exigeait, pour cette série, que les vestiaires devaient se trouver au terrain.

Puisqu’il en était ainsi et malgré que le club n’était pas riche, on ferait cependant face à toutes les exigences.   Les dirigeants cotisèrent, et après bien des palabres, l’acquisition d’un wagon de chemin de fer fut décidé.   Ce wagon servirait de vestiaires. On l’aménagea tant bien que mal, mais ce fut suffisant.

La trésorerie déboursa 923,75 francs pour cette acquisition.  A ce moment,le club avait changé une nouvelle fois de terrain pour se retrouver le long du chemin de fer, où se trouve maintenant la rue Farbich.

De plus en plus, l’équipe aubangeoise fit parler d’elle, ses joueurs ont déjà une cote dépassant la moyenne.  Les « scouts » de la J. Arlonaise, à cette époque Léon Goffinet et Adolphe Hissette, viennent superviser Théo Wonner.  Les Athusiens de la Jeunesse sont désireux de raccrocher Reding.  Et c’est ainsi que ces deux joueurs quitteront Aubange en 1936.  Le premier défendit avec autorité les couleurs arlonaises, par la suite et de part ses occupations professionnelles, il fut cédé au S.R.U. Verviers.  Quant à Reding, après avoir évolué à Athus, il émigra vers Andenne, pour finalement revenir à son club d’origine.

Malheureusement, ces départs créèrent une certaine désorganisation dans la cohésion de l’équipe, rien d’étonnant dès lors de se retrouver dans le panier à crabes et de faire la culbute.

Cela n’affecta toutefois pas le moral des « Frontaliers » et on remonta bientôt en provinciale pour ne plus faire de rechute.

Pas un mauvais pourvoyeur de joueurs

Ce que l’on ne peut vraiment passer sous silence, c’est que si le travail fut souvent ardu et pénible, les dirigeants connurent pour ainsi dire toujours des satisfactions de la part de leurs joueurs.  Ainsi, voulant récompenser un joueur méritant qui demandait son transfert, ils ne firent jamais de difficulté.

C’est ainsi qu’après les départs de Wonner et de Reding on vit, en 1947, Gérino Silori passer dans l’équipe promotionnaire de la Jeunesse Athusienne et cela pour deux saisons, montant du transfert : deux rencontres dont le bénéfice irait au club cédant.  Par après, ce fut Lamock qui passa chez les « Métallos », Jeannot Wonner fut cédé à Tilleur, puis passa à Montagnarde (Liège), Bruno Silori vint une année à Arlon, mais il préféra retourner à son club d’origine pour y vivre une ambiance plus chaude.  Vers 1960, l’Etoile transféra au Racing de Rodange (Grand-Duché) son puissant arrière Lambin, il ne voulait ainsi mettre aucune entrave à la carrière de ce brillant élément, car une solide situation lui était offerte « am Ländgen ».

Comme on le voit, Aubange n’est vraiment pas un mauvais pourvoyeur de joueurs pour certaines équipes.

On ne roule pas sur l’or, mais jamais de déficit  A cette époque, les rentrées d’argent étaient de 19.000 francs, et les factures s’élevaient à 32.000 francs.  Pour tenter de boucler chaque année son budget, l’E.S. créa au sein de son comité une section d’athlétisme, laquelle fut dissoute depuis.  Les sous-sections des Frontaliers mirent souvent une belle ambiance dans la localité.  On se rappelle les belles manifestations avec la participation de la Garde Républicaine Française.  Ces fêtes furent toujours de belles réussites.  On alla même en 1947 jusqu’à organiser une rencontre de football en nocturne, ce fut vraisemblablement la première de ce genre dans la province.  Avec l’amabilité de la Linalux, on avait installé six gros projecteurs qui ceinturaient le terrain, c’était loin d’être parfait, mais la Garde Républicaine, qui était championne de France militaire, et la belle formation grand-ducale de Pétange, parvinrent cependant à faire vivre aux nombreux spectateurs quelques belles phases.

Relevons encore que l’E.S. était parvenue à faire sortir de sa section d’athlétisme un certain Ricaille, qui, a l’époque, tant en France qu’au Grand-Duché et en Belgique, donna entière satisfaction aux passionnés de ce genre de sport.  Il fut même champion du Grand-Duché catégorie « Scolaires ».  Par après, Ricaille émigra au Canada et abandonna la compétition.  Ce fut regrettable car c’était une belle pousse.

De vrais dévoués

Toujours dans le domaine des heureuses réalisations, M. Max Ledent devait, dès 1946, prendre l’initiative, de commun accord avec M. Collin, président fondateur de La Roche, d’organiser lors des rencontres entre leurs équipes respectives, une petite réception intime où une collation était offerte aux dirigeants et joueurs des deux équipes.  Cette excellente tradition s’est étendue par la suite à toutes les équipes venant en visite à Aubange.

Si l’on n’est pas riche à l’E.S. – ce sont d’ailleurs les Aubangeois qui détenaient le peu enviable record des clubs de provinciale réalisant les plus faibles recettes – on boucle tout de même chaque saison son budget, sans aucun déficit.

Dès lors comment s’y prend-on ?  Voilà, au début de chaque saison, les membres du club font le porte à porte, pour recruter le plus possible de membres d’honneur.  On organise également quelques bals, pour les déplacements on utilise parfois un petit car, parfois ce sont les supporters qui transportent les joueurs dans des voitures particulières.

Vers 1959, il s’est formé à Aubange un club de supporters à la tête duquel se trouvait M. Maurice Lichtfus, ce dernier était d’ailleurs très bien secondé par une équipe dynamique au possible, nous retrouvons d’ailleurs dans ce comité : Ancion André, Hourt Marcel, Jacquet, P. Schrobiltgen, Noirhomme, R. Biver, Ad. Dumont.

Ce nouveau groupe a fait de l’excellent travail, il a payé pour la saison 1959-1960 un équipement complet aux joueurs ainsi qu’une assurance spéciale.

Il y eut par la suite deux autres clubs de supporters.  Un emmené par François Reuter, et le second par Lucien Gilles. A l'heure actuelle, il n'existe plus de club de supporters.

Depuis sa fondation, on a vu succéder au club en qualité de président : de 1928 à 1930 : M. Muller ; de 1930 au 15 juin 1935 : M. J. P. Schmit ; de 1935 à 1950 : M. Victor Eppe.

En 1950, c’est Max Ledent qui a assuré la présidence.  M. Ledent était cette personnalité connue de tous les dirigeants de clubs, car outre les fonctions qu’il exerçait à Aubange, il était membre du Comité provincial et il était aussi le promoteur de toutes les manifestations internationales qui se déroulaient dans le Luxembourg, c’est à lui que nous devons toutes les rencontres des joueurs de la province avec nos amis du Grand-Duché, les confrontations avec les jeunes des autres provinces.  A ce sujet, signalons qu’il était secondé de belle façon par M. Gaston Triffaux, lequel exerça durant de nombreuses années et cela de façon de maître le secrétariat de l’E.S.  C’est d’ailleurs lui, Gaston Triffaux, qui organisait toutes les activités et les festivités du club comme le match en nocturne de 1947.

En 1960, les destinées de l’E.S. Aubangeoise sont entre les mains de MM. Max Ledent, président ; Justin Hausemer, secrétaire ; Georges Lespagnard, trésorier ; membres : Maurice Hardy, Kintzinger, Poncin, Marsant, Liégeois, Louis, J. Thommes.

Dans ce comité qui se serre toujours les coudes, on remarque que l’ingénieur voisine avec l’ouvrier, le commerçant avec l’employé, mais une chose est certaine, c’est que tous se dévouent constamment pour le bien de l’Etoile.  Il en est d’ailleurs de même des joueurs, qui étaient tous de la région et amateurs cent pour cent.  A ce sujet, faisons remarquer que lorsqu’un joueur ne pouvait se rendre libre le dimanche, le comité n’intervenait d’aucune manière dans le coût du remplacement.  C’est une raison pour laquelle que l’E.S. a employé au cours de la saison 1959-1960 19 éléments, à savoir : Kintzinger, Nizet, Conrotte, Genin, Silori, Bacj, Dero, Hardy R., Hardy M., Poncin, Stoffel, Talbot, Feltesse, Ledent, R. Decker, Denis, Antzorn, Klein et Lucas.

Des résultats prometteurs

De tout temps, les Frontaliers réussirent à tenir les ténors en échec.  En 1946, par exemple, le 3 novembre, l’E.S. recevait sur son terrain le C.S. Libramontois, qui était à l’époque en tête de la série.  Les Aubangeois l’emportèrent par 4-2, malgré tous les pronostics des spécialistes.  On cria à la chance.  Mais Aubange pour prouver que c’était grâce à ses efforts constants qu’il obtenait de pareils résultats, donna rendez-vous à ses détracteurs pour le début décembre de la même année.

A cette époque, l’équipe de Bastogne avais pris le relais du C.S. Libramont et vint rendre visite aux Sudistes.  La partie fut palpitante et finalement les Bastognards furent battus 5-3.

A cette époque, l’équipe était conseillée par Josy Zglinski de l’U.S. Longwy.  Par la suite, les Aubangeois bénéficièrent bénévolement des services de Mourton, ex-portier professionnel de l’U.S.B. Longwy, puis de Gérino Silori son ex-vedette et ensuite, c’est de nouveau M. Mourton – qui ne pouvait vraiment se passer de venir voir ses pousses – qui est revenu éduquer les gens de M. Ledent.

La meilleure saison

La saison 1952-1953 restera dans mémoire des Aubangeois.  Il fut longtemps question d’un duel entre Aubange et Bastogne, les Frontaliers furent d’ailleurs en tête vers le milieu de la course.  Il fallut quelques mauvaises journées, comme par exemple la fois où les Aubangeois furent battus chez eux par Vielsam (2-3).  Enfin et finalement, Aubange se classa troisième, derrière Bastogne qui était cependant parvenu à prendre quelques points d’avance et Virton qui avait une poussière de plus que l’E.S. laquelle terminait avec 44 points pour 30 matchs.

La saison 1958-1959, Aubange a accroché chez lui tous les ténors, Libramont, Bastogne également, et Virton. A la mi-championnat, Aubange se retrouvait en fin de classement en position de reléguable.  Lors du deuxième tour, en 15 matchs, l'équipe réalisa deux matchs nuls et gagna les treize autres.  Un retour inespéré.  Il y aurait eu trois matchs en plus et l'équipe serait montée.

Royale Etoile Sportive Aubange

C’est le 25 février 1954 que le club d’Aubange reçoit le titre de Royale Etoile Sportive Aubange.

Rien n’arrêtera l’Etoile Sportive d’Aubange

Le dimanche 25 novembre 1956, lors de la crise du pétrole, des mesures avaient été prises en Belgique pour diminuer et rationner la consommation d’essence.  La circulation automobile fut interdite le dimanche, sauf pour quelques cas prioritaires tels que les taxis et les bus.

Ce dimanche 25 novembre 1956, l’Etoile Sportive d’Aubange devait se rendre à Musson dans le cadre du championnat.  Mais à la Royale Etoile Sportive Aubange, on accepte avec le sourire de se soumettre à ces restrictions d’essence.  Un cheval, une charrette et… beaucoup de bonne humeur, voilà tout ce qu’il fallait pour se déplacer à Musson et revenir avec la moitié de l’enjeu.

Pour la petite histoire, le cheval et la charrette appartenait au boulanger M. Poncin, père du joueur Jean Poncin.

Ci-dessous,la photo de l’équipe et de son véhicule de déplacement :

De gauche à droiteVital Marcelet, Kintziger, Pierrot Klein, Jean Poncin, Jean Ledent, Maurice Hardy, Roland Hardy, Bruno Silori, Jean Back, ??, René Gioria, René Nizet, Deroo, Montfort, Marcel Hourt, André Reyter, Gérard Hourt, Tallier

En fait, le déplacement s'est effectué en bus, mais la photo avait été prise pour faire un petit peu d'humour. Mais l'idée n'était pas mauvaise du tout, non ?!

Un terrain communal

Jusqu’à présent, l’E.S. a occupé trois terrains, le premier à proximité du bois, le deuxième en face du « Drapeau Belge », route de Longwy, le troisième le long de la voie ferrée, ce dernier fut d’ailleurs modifié.

Mais la commune a décidé, que l’E.S. sera doté d’un terrain qui pourrait rivaliser avec les plus belles pelouses du Luxembourg.  Et, il est même question que ce nouveau terrain sera doté d’un éclairage électrique qui répondra à toutes les exigences, pour le déroulement des matchs en nocturnes. 

Remerciements

Pour l’élaboration de cette rétrospective, j’ai pu compter sur certaines personnes que je voudrais remercier : Victor Schiltz, Marcel Hourt (U), André Reyter, Maurice Hardy, André Ansion, Mémé Hardy, Le Journal des 3 Frontières (Frank Arend et Benoît Letecheur), CP Arlon, Michel Hilbert, Jules Morsomme (malgré une caution de 2500 BEF que j’ai du verser pour lui emprunter 4 livres contenant des articles de presse) et M. Grogna (U).