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La localité d'Aubange
Au point de vue historique, Aubange est une petite localité située au sud de la province du Luxembourg, à proximité immédiate de la France. En 1255, on trouve ce village sous le nom de Obengis; En 1683, cela devient Obanges, Ubingen qui porte le nom roman de Aubange comme traduction libre, a relevé successivement de la châtellenie de Longwy, du bailliage de Saint-Michel, de celui d'Etain et de l'Office de Villers-la-Montagne.
LEtoile Sportive Frontière
Avant que ne soit créée officiellement l'Etoile Sportive, il existait déjà à Aubange une équipe de football. Ce club, qui groupait principalement les jeunes du village, avait reçu la dénomination d« Etoile Sportive Frontière ». A cette époque on se contentait de jouer des parties amicales avec les villages voisins et les Albert Rassel, Margue, Niclou, F. Collin, Fraselle, Godenne, Muller A. et Cie, passèrent de bien agréables moments.
Au café Muller - Frontière
On dit que la vie est un éternel recommencement et ce qui est était vrai au début du siècle l'est encore aujourd'hui.
A cette époque, les sportifs se donnaient généralement rendez-vous au café.
A Aubange, les acharnés et les plus actifs se rencontraient au café Muller, situé à la Frontière. Ce fut là que ces audacieux
décidèrent la création d'un club officiel.
« Il faut y aller rondement », dit lun deux
« Je me mets immédiatement au boulot », rétorqua un autre. Celui-là se nommait Georges Lespagnard.
L'on passa aussitôt au recrutement des adeptes, essayant, en outre, d'obtenir des fonds pour démarrer.
Cela se passait en 1928. Le club était né, il avait aussi un comité et son premier président sappelait
Muller, propriétaire du café. A cette époque déjà, Georges Lespagnard assurait la trésorerie. Pour plus dexactitude,
le club vit le jour le 01 septembre 1928.
On trouva aussi un terrain non loin du bois et cest là, peu nombreux peut-être mais bien décidés,
que les jeunes vinrent sentraîner avec lidée de mener un jour léquipe en provinciale.
On démarre sérieusement
Après quelques rencontres amicales contre Musson, Mussy, Athus, etc
et devant les résultats obtenus, les responsables décidèrent
de saffilier à lU.R.B.S.F.A. Le matricule 1433 fut accordé aux Aubangeois, cela se passait au début de 1929, plus exactement en mai 1929.
Par la suite, M. labbé du village, voulut créer un autre club de football appelé le Saint-Félix. Mais il ne fut jamais officiel,
car un règlement de lUnion Belge stipulait quil ne pouvait exister deux clubs de football dans une commune de moins de 5.000 habitants.
Linactivité du Saint-Félix devait permettre à plusieurs jeunes gens de venir grossir les rangs de lE.S.
Dans léquipe qui pris part au championnat de 1929-1930, on devait trouver, en plus de Georges Lespagnard, Silori Benjamin,
Léon Picart, Frésing René et Roger, Wonner Dominique, Baille René, Jacquet René, Davreux Henri et Camille, Goedert Félix, Bergch Emile,
Hotton Camille, Peschon Henri et bien dautres qui luttèrent avec fougue et décrochèrent la timbale des débutants.
Par la suite, on accueillit parmi les nouvelles recrues : Hardy Maurice, Margue Josy, Muller Adelin, Burton Julien, Wonner Théo et Marcel,
Lambot, Bonmarin, Reding Arthur. Il y eut, mais bien plus tard, des gars qui défrayèrent souvent et toujours
favorablement la chronique. Nous citons parmi eux : Gérino Silori, Eppe René, Zeller, Reyter
Georges et André, Van Brabant, Nornert, Thommes Eugène, Colas Jean, Schmit Roger, Noël Désiré, Fournel, Valentin Paul, Hourt Marcel, etc
LE.S. déménagea de terrain quelques temps plus tard pour jouer sur un terrain à proximité de la bretelle dautoroute actuelle.
On force les portes de la provinciale
Après avoir évolué en régionale durant quelques saisons qui virent monter successivement en provinciale lancien club arlonais,
le F.C. Saint-Donat, Ethe-Belmont, le Saint-Louis dAthus et enfin lEtoile Sportive trouva elle aussi la consécration.
Léquipe qui a accompli cette performance se composait de : Silori B., Ad. Muller, Lambot, Friob, M. Hardy, Wonner Théo, Wonner
Marcel, Wonner Dominique, Margue Josy, Reding et Bonmarin.
Un wagon de chemin de fer pour 923,75 francs
Cest bien de courir de victoires en victoires et de remporter un titre très envié, mais cela cause aussi certains soucis.
Le règlement fédéral exigeait, pour cette série, que les vestiaires devaient se trouver au terrain.
Puisquil en était ainsi et malgré que le club nétait pas riche, on ferait cependant face à toutes les exigences.
Les dirigeants cotisèrent, et après bien des palabres, lacquisition dun wagon de chemin de fer fut décidé.
Ce wagon servirait de vestiaires. On laménagea tant bien que mal, mais ce fut suffisant.
La trésorerie déboursa 923,75 francs pour cette acquisition. A ce moment,le club avait changé une nouvelle fois de terrain pour se retrouver
le long du chemin de fer, où se trouve maintenant la rue Farbich.
De plus en plus, léquipe aubangeoise fit parler delle, ses joueurs ont déjà une cote dépassant la moyenne.
Les « scouts » de la J. Arlonaise, à cette époque Léon Goffinet et Adolphe Hissette, viennent superviser Théo Wonner.
Les Athusiens de la Jeunesse sont désireux de raccrocher Reding. Et cest ainsi que ces deux joueurs quitteront Aubange en 1936.
Le premier défendit avec autorité les couleurs arlonaises, par la suite et de part ses occupations professionnelles, il fut cédé au S.R.U. Verviers.
Quant à Reding, après avoir évolué à Athus, il émigra vers Andenne, pour finalement revenir à son club dorigine.
Malheureusement, ces départs créèrent une certaine désorganisation dans la cohésion de léquipe, rien détonnant dès lors de se retrouver
dans le panier à crabes et de faire la culbute.
Cela naffecta toutefois pas le moral des « Frontaliers » et on remonta bientôt en provinciale pour ne plus faire de rechute.
Ce que lon ne peut vraiment passer sous silence, cest que si le travail fut souvent ardu et pénible, les dirigeants connurent
pour ainsi dire toujours des satisfactions de la part de leurs joueurs. Ainsi, voulant récompenser un joueur méritant qui demandait son transfert,
ils ne firent jamais de difficulté.
Cest ainsi quaprès les départs de Wonner et de Reding on vit, en 1947, Gérino Silori passer dans léquipe promotionnaire
de la Jeunesse Athusienne et cela pour deux saisons, montant du transfert : deux rencontres dont le bénéfice irait au club cédant.
Par après, ce fut Lamock qui passa chez les « Métallos », Jeannot Wonner fut cédé à Tilleur, puis passa à Montagnarde (Liège),
Bruno Silori vint une année à Arlon, mais il préféra retourner à son club dorigine pour y vivre une ambiance plus chaude.
Vers 1960, lEtoile transféra au Racing de Rodange (Grand-Duché) son puissant arrière Lambin, il ne voulait ainsi mettre aucune entrave à la
carrière de ce brillant élément, car une solide situation lui était offerte « am Ländgen ».
Comme on le voit, Aubange nest vraiment pas un mauvais pourvoyeur de joueurs pour certaines équipes.
On ne roule pas sur lor, mais jamais de déficit
A cette époque, les rentrées dargent étaient de 19.000 francs, et les factures sélevaient à 32.000 francs. Pour tenter de boucler
chaque année son budget, lE.S. créa au sein de son comité une section dathlétisme, laquelle fut dissoute depuis. Les sous-sections
des Frontaliers mirent souvent une belle ambiance dans la localité. On se rappelle les belles manifestations avec la participation
de la Garde Républicaine Française. Ces fêtes furent toujours de belles réussites. On alla même en 1947 jusquà organiser une
rencontre de football en nocturne, ce fut vraisemblablement la première de ce genre dans la province. Avec lamabilité de la Linalux,
on avait installé six gros projecteurs qui ceinturaient le terrain, cétait loin dêtre parfait, mais la Garde Républicaine, qui était
championne de France militaire, et la belle formation grand-ducale de Pétange, parvinrent cependant à faire vivre aux nombreux spectateurs
quelques belles phases.
Relevons encore que lE.S. était parvenue à faire sortir de sa section dathlétisme un certain Ricaille, qui, a lépoque,
tant en France quau Grand-Duché et en Belgique, donna entière satisfaction aux passionnés de ce genre de sport. Il
fut même champion du Grand-Duché catégorie « Scolaires ». Par après, Ricaille émigra au Canada et abandonna la compétition.
Ce fut regrettable car cétait une belle pousse.
De vrais dévoués
Toujours dans le domaine des heureuses réalisations, M. Max Ledent devait, dès 1946, prendre linitiative, de commun accord avec
M. Collin, président fondateur de La Roche, dorganiser lors des rencontres entre leurs équipes respectives, une petite réception intime où une collation
était offerte aux dirigeants et joueurs des deux équipes. Cette excellente tradition sest étendue par la suite à toutes les
équipes venant en visite à Aubange.
Si lon nest pas riche à lE.S. ce sont dailleurs les Aubangeois qui détenaient le peu enviable record
des clubs de provinciale réalisant les plus faibles recettes on boucle tout de même chaque saison son budget, sans aucun déficit.
Dès lors comment sy prend-on ? Voilà, au début de chaque saison, les membres du club font le porte à
porte, pour recruter le plus possible de membres dhonneur. On organise également quelques bals, pour les déplacements on utilise
parfois un petit car, parfois ce sont les supporters qui transportent les joueurs dans des voitures particulières.
Vers 1959, il sest formé à Aubange un club de supporters à la tête duquel se trouvait M. Maurice Lichtfus, ce dernier était dailleurs
très bien secondé par une équipe dynamique au possible, nous retrouvons dailleurs dans ce comité : Ancion André, Hourt Marcel, Jacquet, P. Schrobiltgen,
Noirhomme, R. Biver, Ad. Dumont.
Ce nouveau groupe a fait de lexcellent travail, il a payé pour la saison 1959-1960 un équipement complet aux joueurs ainsi quune assurance spéciale.
Il y eut par la suite deux autres clubs de supporters. Un emmené par François Reuter, et le second par Lucien Gilles. A l'heure actuelle,
il n'existe plus de club de supporters.
Depuis sa fondation, on a vu succéder au club en qualité de président : de 1928 à 1930 : M. Muller ;
de 1930 au 15 juin 1935 : M. J. P. Schmit ; de 1935 à 1950 : M. Victor Eppe.
En 1950, cest Max Ledent qui a assuré la présidence. M. Ledent était cette personnalité connue de tous les dirigeants de clubs, car
outre les fonctions quil exerçait à Aubange, il était membre du Comité provincial et il était aussi le promoteur de toutes les manifestations internationales
qui se déroulaient dans le Luxembourg, cest à lui que nous devons toutes les rencontres des joueurs de la province avec nos amis du Grand-Duché, les
confrontations avec les jeunes des autres provinces. A ce sujet, signalons quil était secondé de belle façon par M. Gaston Triffaux, lequel exerça durant de nombreuses années et cela de façon
de maître le secrétariat de lE.S. Cest dailleurs lui, Gaston Triffaux, qui organisait toutes les activités et les festivités du club comme le match en nocturne de
1947.
En 1960, les destinées de lE.S. Aubangeoise sont entre les mains de MM. Max Ledent, président ; Justin Hausemer, secrétaire ; Georges Lespagnard, trésorier ; membres :
Maurice Hardy, Kintzinger, Poncin, Marsant, Liégeois, Louis, J. Thommes.
Dans ce comité qui se serre toujours les coudes, on remarque que lingénieur voisine avec louvrier,
le commerçant avec lemployé, mais une chose est certaine, cest que tous se dévouent constamment pour le bien de lEtoile.
Il en est dailleurs de même des joueurs, qui étaient tous de la région et amateurs cent pour cent. A ce sujet, faisons remarquer
que lorsquun joueur ne pouvait se rendre libre le dimanche, le comité nintervenait daucune manière dans le coût
du remplacement. Cest une raison pour laquelle que lE.S. a employé au cours de la saison 1959-1960
19 éléments, à savoir : Kintzinger, Nizet, Conrotte, Genin, Silori, Bacj, Dero, Hardy R., Hardy M., Poncin, Stoffel, Talbot, Feltesse, Ledent, R. Decker,
Denis, Antzorn, Klein et Lucas.
Des résultats prometteurs
De tout temps, les Frontaliers réussirent à tenir les ténors en échec. En 1946, par exemple, le 3 novembre, lE.S. recevait sur son terrain
le C.S. Libramontois, qui était à lépoque en tête de la série. Les Aubangeois lemportèrent par 4-2, malgré tous les pronostics des spécialistes.
On cria à la chance. Mais Aubange pour prouver que cétait grâce à ses efforts constants quil obtenait de pareils résultats, donna rendez-vous à ses détracteurs pour le début
décembre de la même année.
A cette époque, léquipe de Bastogne avais pris le relais du C.S. Libramont et vint rendre visite aux Sudistes. La partie fut palpitante
et finalement les Bastognards furent battus 5-3.
A cette époque, léquipe était conseillée par Josy Zglinski de lU.S. Longwy. Par la suite, les Aubangeois bénéficièrent bénévolement des services
de Mourton, ex-portier professionnel de lU.S.B. Longwy, puis de Gérino Silori son ex-vedette et ensuite, cest de nouveau M. Mourton qui
ne pouvait vraiment se passer de venir voir ses pousses qui est revenu éduquer les gens de M. Ledent.
La meilleure saison
La saison 1952-1953 restera dans mémoire des Aubangeois. Il fut longtemps question dun duel entre Aubange et Bastogne, les
Frontaliers furent dailleurs en tête vers le milieu de la course. Il fallut quelques mauvaises journées, comme par exemple la fois où les
Aubangeois furent battus chez eux par Vielsam (2-3). Enfin et finalement, Aubange se classa troisième, derrière Bastogne qui
était cependant parvenu à prendre quelques points davance et Virton qui avait une poussière de plus que lE.S. laquelle terminait avec 44 points
pour 30 matchs.
La saison 1958-1959, Aubange a accroché chez lui tous les ténors, Libramont, Bastogne également, et Virton. A la mi-championnat, Aubange se retrouvait en fin de classement en
position de reléguable. Lors du deuxième tour, en 15 matchs, l'équipe réalisa deux matchs nuls et gagna les treize autres. Un retour inespéré.
Il y aurait eu trois matchs en plus et l'équipe serait montée.
Royale Etoile Sportive Aubange
Cest le 25 février 1954 que le club dAubange reçoit le titre de Royale Etoile Sportive Aubange.
Rien narrêtera lEtoile Sportive dAubange
Le dimanche 25 novembre 1956, lors de la crise du pétrole, des mesures avaient été prises en Belgique pour diminuer et rationner la consommation dessence.
La circulation automobile fut interdite le dimanche, sauf pour quelques cas prioritaires tels que les taxis et les bus.
Ce dimanche 25 novembre 1956, lEtoile Sportive dAubange devait se rendre à Musson dans le cadre du championnat.
Mais à la Royale Etoile Sportive Aubange, on accepte avec le sourire de se soumettre à ces restrictions dessence.
Un cheval, une charrette et
beaucoup de bonne humeur, voilà tout ce quil fallait pour se déplacer à Musson et revenir avec la moitié de
lenjeu.
Pour la petite histoire, le cheval et la charrette appartenait au boulanger M. Poncin, père du joueur Jean Poncin.
Ci-dessous,la photo de léquipe et de son véhicule de déplacement :

De gauche à droiteVital Marcelet, Kintziger, Pierrot Klein, Jean Poncin, Jean Ledent, Maurice Hardy, Roland Hardy, Bruno Silori, Jean Back, ??, René Gioria, René Nizet, Deroo, Montfort, Marcel Hourt, André Reyter, Gérard Hourt, Tallier
En fait, le déplacement s'est effectué en bus, mais la photo avait été prise pour faire un petit peu d'humour. Mais l'idée n'était pas mauvaise du tout, non ?!
Un terrain communal
Jusquà présent, lE.S. a occupé trois terrains, le premier à proximité du bois, le deuxième en face du « Drapeau Belge »,
route de Longwy, le troisième le long de la voie ferrée, ce dernier fut dailleurs modifié.
Mais la commune a décidé, que lE.S. sera doté dun terrain qui pourrait rivaliser avec les plus belles pelouses du Luxembourg.
Et, il est même question que ce nouveau terrain sera doté dun éclairage électrique qui répondra à toutes les exigences, pour le déroulement
des matchs en nocturnes.
Remerciements
Pour lélaboration de cette rétrospective, jai pu compter sur certaines personnes que je voudrais remercier : Victor Schiltz, Marcel Hourt (U), André Reyter, Maurice Hardy, André Ansion, Mémé Hardy, Le Journal des 3 Frontières (Frank Arend et Benoît Letecheur), CP Arlon, Michel Hilbert, Jules Morsomme (malgré une caution de 2500 BEF que jai du verser pour lui emprunter 4 livres contenant des articles de presse) et M. Grogna (U).